
• États du monde
Cosmologie Onuma Nemon
URDLA
207 rue Francis de
Pressensé 69100 - Villeurbanne
Vernissage :
samedi 4 février 2012,
midi juste.
du 4 février au 13 avril 2012,
du mardi au vendredi de 10 h à 18 h,
le samedi de 14 h à 18 h.
• L’Improbable se « délocalise » :
Journée internationale des Femmes
avec George Sand
par Laure Chevalier-Persod
Vendredi 9 mars 2012 – 20 h
à l’invitation de l’Association
La Licorne et le Dragon
Salle Veray – 13570 – Barbentane
http://lalicorneetledragon.com
Banquet républicain
30 nivôse An CCXX
Vendredi 20 janvier -19 h 30
Le Cercle Marcel Bruno
110 rue du 4 août 1789
Villeurbanne
Tricentenaire J.J.Rousseau
Odile Schoendorff
Relire Rousseau
Mercredi 25 janvier -19 h
MJC du Vieux-Lyon
5 place Saint-Jean
Claude Mazauric
Jean-Jacques Rousseau
en partenariat avec
l’Espace Marx-Lyon
Mardi 31 janvier-19 h
Maison des Passages
44 rue Saint-Georges -Vieux-Lyon
Rencontre
Les éditions Delga
Samedi 4 février-15 h
Au Cedrats
27 Montée Saint-Sébastien
69001 - Lyon
Rencontre
Christian Corouge
& Michel Pialoux
Résister à la chaîne
en partenariat avec
la Maison des Passages
Vendredi 2 mars-20 h
Maison des Passages
Lecture
Lola Lafon
Jeudi 8 mars-19 h
Journée internationale
du droit des Femmes
MJC du Vieux-Lyon
Rencontre
Gérard Le Puill
Bientôt nous aurons faim !
et Denis Jambon, viticulteur
Samedi 17 mars-15 h
MJC du Vieux-Lyon

C’est dans les temps sombres que l’on éprouve le besoin de chanter ce poème que, près d’un siècle après sa parution, Colette Magny avait mis en musique.
Car comment chanter notre tout dernier lustre, marqué par la cuistrerie, l’incompétence et la nuisance ? Comment chanter les mots qui viennent, qui nous enragent et nous donnent des haut-le-cœur : Fouquet’s, Bolloré, yacht, karcher, Rolex et lunettes noires, « casse-toi », « pauvre con », « travailler plus », « tous propriétaires », « président du pouvoir d’achat », « bouclier fiscal », « moitié moins de SDF en cinq ans », Princesse de Clèves, Prince Jean, « Rougeon »-Macquart, Roland « Barthès », « Africains pas entrés dans l’histoire », Roms et immigrés-délinquants, « le curé supérieur à l’instituteur » ? Comment chanter cela ?
Pour faire oublier cette image dégradée de sa personne et dégradante pour la France, et les ratages de sa diplomatie vis-à-vis des révoltes arabes, Malbrough s’en fut en guerre en Libye. C’est triomphant qu’il s’en revint… de la guerre la plus étrange jamais vue, puisque sans la moindre bavure ni la moindre victime. Les chiffres à disposition pour illustrer celle- ci sont pourtant nombreux : ceux des sorties d’avions (plus de 26 000), ceux des attaques aériennes (9 650), celui du coût approximatif (300 millions d’euro du côté français, dont 100 millions pour les munitions). En ce qui concerne le coût en vies humaines, hourra ! et alléluia !, il est de zéro victime… du côté de l’OTAN : du jamais vu, un modèle pour d’autres opérations à venir. Les dictateurs qui ne sont pas pro-occidentaux n’ont qu’à bien se tenir : ils devront choisir entre le sort de Saddam Hussein ou celui de Ben Laden, ainsi que l’a appris Kadhafi, massacré en direct au terme d’une opération qualifiée de « croisade » par le ministre français de la police. Pas de morts libyens, pas même de « morts kadhafistes », malgré les attaques aériennes, à raison de deux ou trois bombes par attaque, parce que, à l’image des victimes des guerres coloniales, ce sont des victimes sans noms, ni nombre : on ne compte jamais les victimes « indigènes » des guerres coloniales, glorieuse tradition reprise pour les interventions de l’OTAN, dont il est malpoli de dire qu’elles sont des guerres post ou néo coloniales. L’ordre règne en Libye, comme il règne en Irak et règnera en Afghanistan, et avec lui, la paix des cimetières.
Malbrough avait aussi déclaré la guerre aux marchés et aux paradis fiscaux. Cette fois, il s’en revint penaud… les deux pieds les deux mains dans la merde. De sa parole magique, il avait certes fait disparaître lesdits paradis fiscaux, mis au pas les marchés financiers – même s’il en était le seul convaincu -, mais lui qui se targuait de moraliser le capitalisme n’a pu empêcher - l’a-t-il seulement souhaité ? - que les « repreneurs » de la Grèce, de l’Italie, de l’Espagne et de la BCE soient tous d’anciens responsables de Goldman Sachs. Exemplaire victoire de la vertu financière… S’il est vrai que Malbrough a perdu son triple A, il a, en contrepartie, décroché un chômage à deux chiffres. Qu’importe ! Il poursuit la guerre, entamée dès avant 2007, contre les pauvres, un mot jamais prononcé, toujours remplacé par des mots « bien en chair » : « roms », « jeunes des banlieues », individus « au faciès non gaulois », « travailleurs sans- papiers », « résidents devenus permanents des campings », « présumés fraudeurs à la Sécu et aux faux-papiers », « bénéficiaires du RSA ». Tous forcément délinquants, ce que prouve l’usage répété du mot « kalachnikov », que les médias diffusent jusqu’au délire, semant un efficace frisson d’insécurité, justifiant la traque de délinquants réels, mais plus encore supposés, et dont le but ultime est une tout autre traque : celle des voix du FN. Cela, alors que toutes les statistiques sérieuses (cf. les études de Muchielli) attestent une baisse continue de la délinquance dans tous les domaines… sauf évidemment dans celui de la finance.
C’est par des temps sombres que l’on a besoin de chanter :
« Qu’il vienne, qu’il vienne,
Le temps dont on s’éprenne ! »
Ne sont-ce pas là les meilleurs vœux que puisse formuler L’Improbable pour 2012 ?
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