L’Improbable vous invite à sa commémoration républicaine :
vendredi 22 janvier à partir de 19 h 30
Rencontre-débat avec Gideon Levy, journaliste au quotidien israélien Haaretz à propos de Gaza (La fabrique éditions. octobre 2009), articles rédigés entre 2006 et 2009.
Mercredi 13 janvier - 19h30.
Soirée organisée en partenariat avec l’UJFP. Entrée libre.
Jérôme Maucourant :
La pensée post coloniale et le capitalisme :
jeudi 14 janvier – 19h30.
Alain Labrousse : « Un ancien Tupamaro à la présidence de l’Uruguay », autour de son livre
Les Tupamaros, des armes aux urnes :
mercredi 27 janvier – 19h.
Natasha Bezriche :
Lumière noire, Léo Ferré chanté par Natasha :
vendredi 29 janvier – 20h30
Irène Dhôte, conteuse.
Dimanche 24 janvier.
Guy Borgé & Yves Neyrolles :
Lyon de haut en bas,
présentation et signature :
jeudi 4 février, à partir de 18h
Carine Rostaing,
sociologue à l’Université Lyon 2 :
à propos des prisons
(en partenariat avec la revue Traces) :
mercredi 3 février – 17h30
Banquet républicain
Vendredi 22 janvier -
à partir de 19 h 30
Maison du Peuple
147 avenue du Général Frère - Lyon 8e
RENCONTRE
Samedi 30 janvier – 15 h-
Patrick Laupin
Ravins
Librairie À Plus d’Un Titre
4 quai de la Pêcherie Lyon 1e
RENCONTRE
samedi 6 février – 15 h-
David Lapoujade
à propos des frères James
Librairie À Plus d’Un Titre
RENCONTRE
Mercredi 10 février – 19 h-
Jean Mailland
Le Journal des arbres
Librairie À Plus d’Un Titre
LECTURE
Mercredi 10 mars – 19 h
« En rouge et en noir »
Hommage à Louise Michel
Librairie À Plus d’Un Titre
RENCONTRE
Samedi 20 mars – 15 h
André Tosel
Maison des Passages
44 rue Saint-Georges
Lyon 5e
RENCONTRE
Samedi 3 avril – 15 h-
Esther Benbassa
Être juif après Gaza
Maison des Passages
44 rue Saint-Georges
Lyon 5e

Il fut donc un temps où « la casquette à l’envers » était tout, sauf un signe d’opprobre, et où le verlan, l’argot de l’époque, était simplement « popu ».
C‘était un temps chaleureux, de tendresse, l’exact opposé des temps qui sont les nôtres, ceux de l’individualisme forcené, de la violence faite à la société, ceux du Grand Désordre dans la Justice, l’Éducation, la Santé, et de l’Insécurité Sociale généralisée, dont le Grand Maître, champion de la parole et des promesses non tenues, a ressorti un stratagème usé pour éloigner le « bon peuple » des vrais problèmes : Le Grand Débat sur l’identité nationale. Y participer conduit à s’étriper ; s’abstenir, c’est le cautionner.
Le chemin du Grand Débat a été balisé par des repères qui, tels les cailloux du Petit Poucet, permettent de tracer un chemin : ce sont des mots lancés ici et là par un ministre (« Un, ça va ; plusieurs, bonjour les dégâts ! »), par une Nadine Morano s’adressant aux exclus de l’identité nationale (comprendre : les jeunes musulmans) et se disant choquée par leur manière de mettre « leur casquette à l’envers » et de s’exprimer « en verlan », des mots lancés aussi par un Emmanuel Valls, par un Georges Frêche, par un ministre de l’immigration et de l’identité nationale dénonçant les « mariages gris ». On aboutit… à Sarkozy lui-même invitant les musulmans à une « humble discrétion ». Et, comme le chemin du Petit Poucet, le Grand Débat sur l’identité nationale n’a d’autre but que de « retourner à la maison », retrouver la source, ou, selon les propres termes du président de la République Française (une République que l’on croyait … laïque !) :« les racines essentiellement chrétiennes de la France ». On n’impose de débattre de son identité qu’en période de crise, c’est à dire de remise en cause, de remise en question, sociale, politique et territoriale. Et ce besoin de s’identifier se fait contre un autre, l’Autre : le protestant, aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles ; le juif, aux XIXe et XXe siècles. Triste début pour le XXIe siècle : il y a de nouveau un Autre. C’est, désormais, le musulman qui pose problème aux tenants de l’identité nationale. En assimilant islam et islamisme, islamisme et terrorisme, ceux-ci s’offusquent devant des « signes ostentatoires », que ces signes soient vestimentaires ou architecturaux, comme le sont quelques rares mosquées et leurs minarets - à ne pas confondre avec « nos églises et nos cathédrales », citées dans le « questionnaire Besson ». Que certains signes vestimentaires, particulièrement la burqa, posent problème, n’est pas niable. Ce vêtement, parce qu’il manifeste une négation de la femme et, plus largement, de la personne humaine, est, au même titre que les anonymations cagoulardes, suspect et doit être combattu. Par une nouvelle loi, visant, une nouvelle fois des musulmanes seulement ? Ou une loi qui soit digne de la Révolution Française : une loi universaliste, laïque, interdisant, par exemple, toutes les discriminations sexistes ? La France sarkozienne redevenant de plus en plus « la fille aînée de l’Église », balayons donc devant sa porte : cette loi devrait condamner, entre autres et dans le même mouvement, l’Église catholique qui continue d’affirmer l’infériorité de la femme en lui interdisant la prêtrise. Cela permettrait de rendre crédible le caractère uniquement féministe des condamnations de la burqa. Dans la foulée, il serait judicieux d’abolir l’embryon de concordat avec la papauté permettant aux « universités catholiques » françaises de délivrer des diplômes au même titre que l’Université laïque, accord signé en décembre 2008 par le Vatican, Kouchner et le chanoine du Latran.
Il est une identité française : celle définie par la Carte d’Identité du même nom. Le reste n’est que fantasme. Il est en revanche une réalité… étrangère aux tenants de l’identité nationale : le fait que la France est, depuis “nos ancêtres les Gaulois”, premiers immigrants notoirement connus, une terre d’immigration, le seul pays au monde où cela ce soit fait sans recours au génocide des indigènes. Il est d’autres réalités : le fait que la France fut le lieu d’une Révolution dont les fruits ont continué de mûrir jusqu’à 1968 et 1995, en passant par le programme du Conseil National de la Résistance, programme que notre président, tout en se camouflant derrière la glorification des maquis et de Guy Môquet, s’emploie à démolir, à l’inverse de ce qu’il fait pour les financiers et autres banquiers, qu’il fustige tout en s’employant à protéger leurs intérêts. L’improbable dans tout cela ? L’Improbable, la casquette à l’envers, vous souhaite une année 2010 aussi chaleureuse et généreuse qu’une chanson de Bernard Dimey.
L’Improbable
(1) Bernard Dimey : « La Mère Dauphin » in « Je ne dirai pas tout » - Christian Piron 1991
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